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BRIAND Paul Charles :

Paul Charles BRIAND voit le jour le mercredi 24 juin 1891 à 8 heures à Champis (07440) - au lieu de Rodez.
Il est le fils légitime de Salomon Emmanuel BRIAND, cultivateur, âgé de 25 ans environ et de Julie Clélie VINARD, ménagère, âgée de 21 ans environ.
Signalement : cheveux blonds - sourcils fuyants - yeux gris - front moyen - visage ovale - nez rectiligne.
Taille 1,78 m.
Degré d’instruction générale : 2.

Paul sera cultivateur.

Paul C. BRIAND est décédé le lundi 20 mars 1916, à l’âge de 24 ans, à Malancourt (55).

Matricule 1756 - recrutement de Privas.
Matricule au Corps : 7930.
Incorporé et arrivé au Corps le 10 octobre 1912 comme Soldat de 2ème classe au 111ème Régiment d’Infanterie à Antibes.
Réformé temporairement le 22 octobre 1913 pour anémie et faiblesse générale consécutives à des bronchites successives.

Reconnu apte au Service Armé le 17 septembre 1914 et arrivé au Corps le 23 octobre 1914 au 111ème Régiment d’Infanterie.
Campagne contre l’Allemagne du 23 octobre 1914 au 20 mars 1916.
Parti en renfort le 15 novembre 1914, il sera blessé au bras gauche et à la jambe droite par un projectile le 10 janvier 1915 au Bois de Malancourt.
Evacué sur l’hôpital Auxiliaire n° 61 de Grenoble.
Rentré au Dépôt le 18 juillet 1915 et aux Armées en novembre 1915.

La Bataille de Verdun du 21 février au 19 décembre 1916 :

La bataille de Verdun commence le 21 février à 7h15 avec un déluge de feu sur les forts et les tranchées. Pendant 10 mois, Français et Allemands vont s’affronter. Le chef de l’état major allemand Erich Von Falkenhayn veut en finir avec une guerre de position qui dure depuis la bataille de la Marne, commencée dix-huit mois plus tôt. Les Poilus résistent mais perdent le fort de Douaumont. Très vite le Général Pétain organise la riposte et met en place une liaison entre Bar-le-Duc et Verdun, appelée plus tard "Voie Sacrée". Celle-ci permet d’approvisionner le front en matériel, nourriture et d’assurer la relève des soldats. L’apport de troupes nouvelles permettra de repousser l’assaut allemand. Au total, environ 4000 camions, 2000 voitures, 800 ambulances, 200 autobus et de nombreuses camionnettes y circulent. Le 1er juillet, l’offensive sur la Somme est lancée. Destinée à soulager le front de Verdun, elle va se solder par un échec sanglant. Après dix mois de combats intenses, la bataille prend fin le 18 décembre 1916 après avoir fait plus de 700000 victimes : 306000 tués et disparus et environ 400000 blessés. Cette bataille a finalement coûté des pertes quasiment identiques dans les deux armées adverses.

Le 20 mars 1916, à 7 heure, un violent bombardement allemand s’abat pour la première fois sur le bois de Malancourt où les 111ème, 258ème et 272ème R.I. sont en ligne. Ces unités sont en position dans ce bois depuis longtemps et s’y croient en sécurité, massées derrière de profonds réseaux de fil de fer. Ce violent bombardement sème néanmoins la confusion dans les éléments des 111ème et 258ème R.I. Nos ouvrages avancés sont bouleversés, nos unités dissociées ou enfouies dans leurs abris.
Vers 14h30 les vagues d’assaut débouchent, appuyées par des lance-flammes. Une action confuse s’engage dans la forêt où sont en ligne quinze compagnies appartenant à trois régiments : le 111ème, le 258ème et le 106ème RIT.
Les Allemands s’emparent donc de la partie centrale du bois puis se rabattent à droite et à gauche afin de s’étendre et poursuivre leur progression. Rapidement, le P.C. de commandement au sud du bois est encerclé et presque toute la brigade et faite prisonnière. Seul un petit ouvrage nommé la Redoute d’Avocourt à l’extrémité sud-est du bois, semble montrer plus de résistance. D’abord prit par les Allemands, il est rapidement repris par une courageuse contre-attaque. Dés lors, toutes les tentatives allemandes vont successivement se briser et cet ouvrage formera durant quelques jours l’extrémité ouest de la bataille sur la rive gauche. Au soir, la situation française est tragique, le bois est pratiquement perdu et environ 2500 soldats Français ont été fait prisonniers. Les Allemands se sont rendu maître de positions qui enveloppent le saillant français, village de Malancourt - village de Haucourt - Cote 304.
Le 111ème RI, à gauche, est contourné, le 258ème à droite, est refoulé et son chef, le lieutenant-colonel Géant, est capturé. L’ennemi arrive dans le « réduit » du bois d’Avocourt (corne sud-est du bois) et cerne dans son PC le colonel Brümm, commandant la 57ème Brigade. Celui-ci, relié par un fil sous plomb au poste de commandement de la 29ème Division, avise le général De Salins de sa situation personnelle, mais ne peut donner aucune précision sur celle de ses troupes.
Devant cette situation tragique, les premières contre-attaques sont ordonnées, mais les lisières sud et est du bois sont fortement tenues ; de plus nos propres réseaux, fortement fixés au sol, sur une large étendue, arrêtent notre élan. Seul, le 2ème bataillon du 3ème RI réussit à réoccuper une partie du bois.

Le soldat Paul Charles BRIAND du 111ème RI est porté disparu au Bois de Malancourt le 20 mars 1916, dans l’anéantissement de tout son régiment.

Mort pour la France.