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ROUX Paul :

Paul ROUX voit le jour le samedi 12 mai 1888 à 5 heures à Champis (07440) - au lieu des Blaches.
Il est le fils légitime de Henri ROUX, cultivateur, âgé de 33 ans environ et de Louise VERRON, ménagère, âgée de 32 ans environ.
Signalement : cheveux châtains - sourcils châtains - yeux châtains - front moyen - nez moyen - bouche moyenne - menton rond - visage ovale.
Taille : 1,67 m.
Degré d’instruction générale : 3.

Paul sera cultivateur.

Paul ROUX est décédé le mardi 11 août 1914, à l’âge de 26 ans, à Lagarde (57).

Matricule 194 - recrutement de Privas.
Matricule au Corps : 3920.
Arrivé au Corps et incorporé le 7 octobre 1909. Soldat de 2ème classe. Soldat de 1ère classe le 29 octobre 1910.
Envoyé dans la disponibilité le 24 septembre 1911. Certificat de bonne conduite accordé.

Rappelé à l’activité par décret de mobilisation générale. Arrivé au 19ème Régiment d’Artillerie, Groupe 11, le 3 août 1914.
Campagne contre l’Allemagne du 3 août 1914 au 11 août 1914.

La bataille des Frontières du 7 août au 23 août 1914, désigne la toute première phase des combats de la Première Guerre Mondiale sur le front Ouest en août 1914, juste après la mobilisation des différents belligérants. Comme il s’agit d’une expression française, le terme désigne la série d’affrontements entre les troupes allemandes et franco-britanniques le long des frontières franco-belge et franco-allemande, sur une période allant du 7 août au 23 août 1914.
Elle comprend plusieurs zones de combats : d’une part en Haute-Alsace (batailles de Mulhouse et de Dornach), dans les Vosges (bataille du Donon) et sur le plateau lorrain (batailles de Morhange et de Sarrebourg) où les Allemands repoussent les offensives françaises, d’autre part dans l’ Ardenne belge (bataille des Ardennes) et le sillon Sambre et Meuse (batailles de Charleroi et de Mons) où les Français, les Belges et les Britanniques sont enfoncés par l’offensive allemande.
En 1914, le 19ème régiment d’artillerie de campagne (RAC) est alors stationné à Nîmes. Comme toutes ces unités, le RAC est composé de trois ou quatre groupes d’artillerie, chacun piloté par un capitaine. Le groupe est lui-même formé de trois batteries de quatre canons de 75 mm. Le 19ème RAC est rattaché à la 30ème division d’infanterie où il sert, entre autres, de préparation aux offensives. Les RAC sont tous hippomobiles : les canons et les équipements complémentaires sont tirés par des chevaux. Les camions et autres véhicules automobiles ne feront leur apparition qu’à partir de 1917. Au déclenchement de la Grande Guerre, le 19ème RAC est employé à la 2ème armée dirigée par le général Curières De Castelnau. Il participe aux offensives en territoire allemand avant de contenir la poussée ennemie et d’enclencher la victoire de la Marne. L’année suivante, le 19ème est envoyé en Argonne ; en 1916, il contribue à la victoire de Verdun. En 1917, avec la 30ème division d’infanterie, le régiment part en Orient.
En août 1914, le 19ème RAC se trouve près de Lagarde en Moselle, dans les environs de Château-Salins, en limite des départements de Moselle et Meurthe-et-Moselle.

La Bataille de Lagarde en Lorraine annexée (août 1914), bataille peu connue :

Dès le 10 août 1914, le général Lescot qui commande la cavalerie de Lunéville, juge « opportun » de faire attaquer le village de Lagarde, au nord-est de Lunéville, par une brigade mixte. Cette attaque est confiée entre autre à deux bataillons, venus d’Avignon et de Nîmes et notamment au 3ème bataillon du 58ème Régiment d’infanterie. Le village, situé dans la vallée de Sânon, en bordure du Canal de la Marne au Rhin, est occupé par une section garde-frontière allemande. Inférieurs en nombre et malgré une solide position établie derrière le bois Chanal, entre Lagarde et Bourdonnay, les Allemands sont obligés de quitter le village. Ils en sont chassés dès le 10 août au soir. Il n’y eut point de combat car les postes frontières et avant-gardes allemands jugèrent plus prudent de se retirer.
Selon des témoignages de soldats allemands blessés au cours de l’affrontement, ils se trouvent en face de leurs adversaires des 58ème et 40ème Régiments d’Infanterie et du 19ème Régiment d’Artillerie. Le combat se déroulera pendant sept heures, sous une chaleur accablante et contre un adversaire bien supérieur et solidement retranché. Les Français ont installé des retranchements dans les champs sur une longue distance. Pour faire obstacle à la cavalerie allemande, les fantassins français avaient parsemé le sol de sauts-de-loup, c’est-à-dire de puits recouverts de foin et d’herbe. La lutte est acharnée, meurtrière. Les soldats français aux voyantes couleurs, les officiers aux brillants galons s’élancent courageusement à l’orée du bois.
Le repli allemand n’est cependant qu’éphémère et cette même nuit, à Dieuze, le Général allemand Von Stetten qui commandait une division de cavalerie bavaroise et le général de la 42ème Division d’Infanterie décident de lancer une attaque contre Lagarde.
Au lever du jour, le 11 août 1914, les troupes allemandes lancent leur attaque. Une batterie de 75 française défend ardemment la position. Les mitrailleuses causent d’énormes pertes aux Allemands ; L’avantage semble se dessiner en faveur de l’ennemi. Deux batteries françaises particulièrement dangereuses sont prises sous le feu ennemi. Avant de subir l’assaut des Allemands, les officiers d’artillerie font sauter leurs pièces. Il faut alors songer au repli et abandonner les positions dans la forêt du Haut de la Croix. Serrés de près par les Uhlands, la retraite vers Xures s’effectue dans des conditions épouvantables.
L’attaque décisive pour la conquête de Lagarde est déclenchée. Il est alors 8h30. L’ennemi a engagé une division complète qui a pour mission de fixer le 3ème bataillon et de le déborder sur son aile gauche. Les Allemands craignent nos canons de 75 mm dont les tirs sont d’une extrême efficacité. Aussi, dès le début des combats, les batteries de 75 du 8ème Régiment d’Artillerie et du 19ème Régiment d’Artillerie de Campagne sont l’objet d’un pilonnage des obusiers allemands et sont rapidement réduites au silence.
Pertes du 58ème RI et du 19ème RAC : 969 hommes.

Le soldat de 1ère classe ROUX Paul de la 1ère batterie du 19ème RAC, est porté disparu le 11 août 1914 à Lagarde (Moselle) dans l’anéantissement de sa batterie. Tué à l’ennemi.

Mort pour la France.