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CHAUSSON Rémy Victor :

Rémy Victor CHAUSSON voit le jour le dimanche 8 septembre 1895 à 5 heures à Champis (07440) - au lieu de La Pichonnière.
Il est le fils légitime de François CHAUSSON, cultivateur, maçon et de Julie CHALAMET, ménagère.
Signalement : cheveux châtains - yeux châtains - front moyen - nez rectiligne - visage long.
Taille : 1,60 m.
Degré d’instruction générale : 2.

Rémy sera cultivateur.

Rémy V. CHAUSSON est décédé le lundi 5 juillet 1915, à l’âge de 19 ans, à Braux-Sainte-Cohière (51).

Matricule 1910 - recrutement de Privas.
Matricule au Corps : 8408.
Résidant à Champis.
Arrivé au Corps le 18 décembre 1914. Soldat de 2ème classe au 112ème Régiment d’Infanterie, Groupe 10.
Campagne contre l’Allemagne du 18 décembre 1914 au 5 juillet 1915

Combats de la Forêt d’Argonne et du Bois de La Gruerie en 1915 :

A partir du 15 juin 1915, la répartition des secteurs et la composition des troupes sont les suivantes : le secteur est limité à l’ouest par la route de Binarville à Vienne-le-Château. Le 32ème Corps d’Armée dispose, pour occuper la partie gauche de son front jusqu’à l’ouvrage central, de la 241ème brigade (55ème et le 112ème RI et de la 126ème division).
Dès le 16 juin, l’activité de l’artillerie augmente dans presque tous les secteurs ; les tranchées de la face Est de Bagatelle sont bouleversées, cinq mines explosent dans cette journée devant notre front.
Le 17 juin 1915, au petit jour, un groupe ennemi surgit sans aucune préparation et se jette sur un élément avancé de notre ligne, où il réussit à se maintenir malgré nos contre-attaques menées par quatre compagnies.
Le 18 juin 1915, à Bagatelle, tandis que le bombardement reprend avec violence, trois mines nouvelles font explosion et endommagent nos tranchées à la Sapinière, au Ravin-Sec et à Blanleuil. L’ennemi lance dans nos lignes un billet ainsi conçu : « Vous avez beau faire venir le 15ème Corps, nous résisterons jusqu’au bout. Méfiez-vous. » Un prisonnier raconte que deux batteries de 210 viennent d’arriver dans le secteur. Le soir, un nouveau message est lancé par-dessus nos parapets, qui précise la menace : « Artilleurs français, vous vous rappellerez le 20 juin ! ».
Le 19 juin 1915, la lutte de mines s’accompagne d’un combat de bombes très violent qui nous coûte 150 hommes.
Le 20 juin 1915, l’ennemi, comme il l’a annoncé, prononce une offensive générale depuis Bagatelle jusqu’aux lisières Ouest de la forêt, sur le front du 32ème Corps d’Armée et la droite du 5ème Corps. Dès 2h30 du matin se déclenche une préparation d’artillerie très violente de projectiles de tous calibres et de minenwerfer, accompagnés d’obus asphyxiants en grand nombre. A 4 heures, à Bagatelle et à Blanleuil, à la suite d’une action à coups de pétards, l’ennemi lance deux attaques d’infanterie, qui sont repoussées après une lutte très vive. Les tirs de bombardement reprennent alors et redoublent d’intensité jusqu’à 7h30. A ce moment, se produisait la relève dans le secteur tenu par la 251ème brigade, les unités du 55ème régiment d’infanterie venant remplacer celles du 112ème. La violence du bombardement empêche l’exécution complète de cette opération. A 7h30, le bombardement cesse subitement sur les premières lignes, mais continue sur les deuxièmes et les arrières, où tombent en grandes quantités des obus asphyxiants. Nos postes avancés de la 251ème brigade, complètement écrasés, cèdent. L’ennemi qui a attaqué en masse, sa droite à cheval sur la route de Binarville, réussit à prendre pied dans notre première ligne, sur le saillant de la tranchée Labordère et cherche à s’étendre ; mais une contre-attaque vigoureuse de la compagnie de réserve de secteur du 112ème régiment d’infanterie arrête momentanément cette tentative et fait quelques prisonniers. Toute la matinée, la lutte se poursuit sans arrêt des fractions ennemies qui ont réussi à enfoncer la première ligne du secteur voisin, à l’Ouest de la route de Binarville, commencent à prendre d’enfilade la gauche du secteur du 32ème Corps d’Armée, tenue par le 55ème régiment d’infanterie. En résumé à 19h, nos contre-attaques, sans regagner la totalité du terrain perdu, ont arrêté définitivement la progression de l’ennemi en le rejetant sur la première ligne. Toute la nuit des actions locales d’infanterie se succèdent au milieu de violents tirs d’artillerie. Vers 3h le feu se ralentit, et nous en profitons pour consolider les positions reconquises. Mais dans cette dure journée du 20 juin, nos pertes ont été très lourdes : 271 tués, 1450 blessés, 495 disparus. Au total : 2216 officiers et hommes.
Le 30 juin, les Allemands reprennent l’offensive ; mais au lieu d’être localisée à Bagatelle, la lutte s’étend sur tout le front du 32ème Corps d’Armée, de la route de Binarville au Four-de-Paris. Dès 4h, l’ensemble de la position est soumis à un bombardement par pièces de tous calibres, surpassant en violence et en précision ce qu’on avait vu jusqu’alors : projectiles de 150, de 210 et de gros minenwerfer. Toutes les tranchées de première ligne sont démolies et écrasées, une grande partie des défenseurs ensevelis, tués ou blessés. Sous le couvert de cette préparation, l’ennemi prononce trois attaques d’infanterie successives et finit par percer tout d’abord à l’ouvrage central et à la gauche du cimetière. D’autre part, à la suite d’une série de combats locaux dans lesquels nos troupes ont à soutenir une lutte acharnée, l’ennemi, malgré des pertes considérables, notamment devant le front de Bagatelle, s’avance jusqu’au poste de commandement de Beaumanoir. Plusieurs fractions atteignent la Cote 213. Cependant, nos contre-attaques menées par quatre bataillons, dont la première particulièrement brillante exécutée par le 16ème bataillon de chasseurs, réussissent, vers 11h, à nous assurer le Réduit central et à dégager la Cote 213 et Beaumanoir. Mais vers 13h, nous sommes contraints d’abandonner la Sapinière et la première ligne de l’ouvrage Blanleuil, attaquées depuis le matin sans succès et couvertes d’un nuage persistant de gaz asphyxiants qui s’étend jusqu’à La Harazée. Une vigoureuse contre-attaque d’un bataillon du 151ème régiment d’infanterie nous remet en possession d’une partie de l’ouvrage de Blanleuil, sur la crête même. Au saillant Triboullier perdu dans la matinée, des contre-attaques répétées du 162ème régiment d’infanterie nous permettent de reprendre, au cours de la nuit, une partie des éléments perdus. La lutte continue acharnée dans l’après-midi, sur tout le front ; vers 16h30, à la suite d’un violent bombardement, l’ennemi attaque de nouveau et parvient à s’emparer des derniers éléments de notre ancienne première ligne. Toute la nuit est employée à consolider notre nouveau front et à remettre de l’ordre dans nos unités.
Dans cette période du 16 juin au 3 juillet 1915, les pertes du 32ème Corps d’Armée atteignent le chiffre de 13000 tués, blessés ou disparus, dont 257 officiers. Malgré l’état de fatigue qui résultait d’une lutte de près de six mois en Argonne, lutte incessante et particulièrement dure, ces troupes ont fait face aux plus rudes efforts sans une défaillance, sans un flottement et, jusqu’au bout, avec une ténacité et un courage admirables. Toute notre première ligne allant du plateau de Bagatelle à la route de Binarville a été perdue du 20 juin au 2 juillet 1915 ; mais l’ennemi n’a pu réaliser ces gains qu’en écrasant les défenseurs sous les décombres de leurs tranchées, grâce à la puissance de son artillerie. Sur tous les points, nos contre-attaques ont été menées avec vigueur ; et c’est devant nos baïonnettes que l’avance allemande est venue se briser le 2 juillet.

Le soldat CHAUSSON Rémy Victor du 112ème RI est décédé le 5 juillet 1915 à 2h à Braux-Sainte-Cohière (Marne) dans l’ambulance 3/15, de suite de blessures de guerre.

Mort pour la France.