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DELARBRE Joël Louis :

Joël Louis DELARBRE voit le jour le lundi 5 mai 1890 à 5 heures à Champis (07440) - au lieu de Moulin.
Il est le fils légitime de Pierre Louis DELARBRE, cultivateur, âgé de 28 ans environ et de Julie Rachel ROUMÉA, ménagère, âgée de 26 ans environ.
Signalement : cheveux blonds moyens - sourcils moyens - yeux bleus foncés - front petit (8° de largeur) - menton saillant - visage rond - nez tordu à droite.
Taille 1,65 m.
Degré d’instruction générale : 3.

Joël sera cultivateur.

Joël L. DELARBRE est décédé le mercredi 9 juin 1915, à l’âge de 25 ans, à Ville-sur-Tourbe (51).

Matricule 150 - recrutement de Privas.
Matricule au Corps : 06207.
Arrivé au Corps le 10 octobre 1911 comme Soldat de 2ème classe au 61ème Régiment d’Infanterie, Groupe 10. Soldat de 1ère classe le 1er juin 1912. Caporal le 25 septembre 1912.
Maintenu sous les Drapeaux et passé dans la Réserve de l’Armée Active le 8 novembre 1913. Certificat de Bonne Conduite accordé.

Rappelé par décret de mobilisation générale et arrivé au 61ème Régiment d’Infanterie le 3 août 1914.
Campagne contre l’Allemagne du 3 août 1914 au 9 juin 1915.

La Bataille d’Argonne de mars à novembre 1915 :

En mai 1915, l’ennemi entreprend l’attaque de Ville-sur-Tourbe (Marne), qu’il convoitait depuis fort longtemps. Depuis plus de huit mois, il ne cessait de bombarder avec une impitoyable obstination cet infortuné village, situé au Nord-Ouest de Sainte-Menehould, dont il avait fait une ruine sinistre parmi la floraison de ses vergers. Les tranchées allemandes qui l’avoisinaient étaient dominées par deux collines crayeuses que nous occupions. Celles-ci étaient sillonnées de tranchées rejoignant le village par des boyaux, et constituaient une solide défense pour la tête de pont que nous avions établie sur la rive nord de la Tourbe. A l’Est, s’allongeaient les tranchées du Calvaire. Les Allemands souhaitaient plus particulièrement conquérir la colline de l’Ouest. De là, ils auraient commandé tout notre système de défenses et de communications. Aussi, attachaient-ils à leur attaque projetée une extrême importance. Afin de mieux s’y entraîner, ils l’avaient même « répétée » dans ses moindres détails derrière leurs lignes, à la façon d’une pièce de théâtre.
Le 15 mai 1915 à 6h du soir, les soldats des 3ème et 7ème régiments coloniaux se préparaient au service de nuit quand trois mines, bourrées de vingt tonnes d’explosifs, sautèrent. Propagée à travers le sol, la formidable explosion vint bouleverser nos tranchées, dont deux se fermèrent comme un tombeau sur leurs défenseurs. Les entonnoirs étaient profonds de vingt mètres et larges de cent. En même temps pour arrêter tout secours, une tempête de mitraille balayait nos chemins d’approche. Les marsouins valides sautèrent sur les armes. Déjà, une colonne allemande forte de deux bataillons assaillait les lignes du 7ème régiment colonial et occupait bientôt notre saillant défendu par une sorte de blockhaus, l’ouvrage Pruneau. Le régiment fut décimé et perdit presque tous ses officiers. Heureusement le 3ème régiment colonial lui dépêcha un bataillon en renfort. Bientôt une vigoureuse contre-attaque délogeait l’ennemi d’une partie des positions par lui conquises. Toutes nos batteries se mirent à tonner. Le combat s’étendit et sa violence s’accrut. L’ouvrage Pruneau tomba entièrement aux mains d’une puissante colonne allemande. Énergiquement chargée par un bataillon du 3ème régiment colonial, cette colonne résista opiniâtrement et nous infligea de grosses pertes. Grâce à la connaissance du secteur qu’ont les chefs, grâce à un rapide ravitaillement en grenades et surtout à la crânerie et à la ténacité des marsouins, une grande partie de l’ouvrage Pruneau est enfin réoccupée. De son côté, le lieutenant Lefebvre (3ème colonial) s’est porté avec une compagnie vers le saillant nord de l’ouvrage. Ses hommes se déploient hardiment. Un tir foudroyant de mitrailleuses les accueille. Soudain, coupés de leurs positions de départ par un terrifiant tir de barrage, les Allemands lèvent les mains : cinq cents d’entre eux se rendent. Et nous avons la joie de délivrer une douzaine de coloniaux, cernés depuis plusieurs heures, qui avaient décidé de lutter jusqu’à la mort. Les Allemands laissaient plus de mille cadavres sur le terrain. Mais nos pertes étaient à peu près égales.

Le 27 mai 1915 dans la soirée, le 1er bataillon du 61ème RI va relever en 1ère ligne, dans le secteur est de Ville-sur-Tourbe, dans la Marne, un bataillon du 7ème Colonial. La relève s’effectue sans incident.
Le 28 mai 1915, le 3ème bataillon du 61ème RI vient occuper le sous-secteur de gauche (l’ouvrage Pruneau).
Le 29 mai 1915 : journée relativement calme. L’artillerie lourde ennemie envoie quelques obus sur les tranchées de l’Ouvrage Pruneau.
Le 30 mai 1915, l’ennemi bombarde le sous-secteur de gauche avec des mortiers de tranchées.
Le 31 mai vers 17h, bombardement assez intense des sous-secteurs de gauche et du centre et du village de Ville-sur-Tourbe.
Le 6 juin 1915, le 1er bataillon du 61ème RI occupe le sous-secteur de gauche de l’ouvrage Pruneau.
Le 7 juin durant toute la journée, l’artillerie ennemie bombarde plusieurs points du secteur ; le saillant ouest de l’ouvrage Pruneau l’est avec une particulière intensité.
Le 8 juin 1915 journée particulièrement calme. Réfection et mise en état des tranchées et boyaux démolis dans la nuit. Dans la soirée, l’artillerie ennemie tire sous le sous-secteur du centre. Pertes du jour : 2 tués et 4 blessés.
Le 9 juin 1915 dans la soirée, le 61ème RI est relevé par le 40ème RI. Pendant la relève, assez grande activité de l’artillerie ennemie. Pertes du jour : 2 tués et 2 blessés.

Le caporal DELARBRE Joël Louis de la 2ème Cie du 61ème RI, blessé une première fois d’une balle qui lui avait traversé le poumon en 1914, est blessé une seconde fois par un éclat d’obus à l’Ouvrage Pruneau à Ville-sur-Tourbe (Marne) le 9 juin 1915 ; Il est mort quelques instant après de ses blessures. Il est inhumé à Ville-sur-Tourbe. Son nom figure sur le Mémorial de Ville-sur-Tourbe, parmi 1040 autres.

Mort pour la France.