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GUILLOT Charles Albert :

Charles Albert GUILLOT voit le jour le lundi 8 octobre 1888 à 14 heures à Champis (07440) - au lieu de La Bâtie-de-Crussol.
Il est le fils légitime de Jacques Eugéne GUILLOT, tisserand, âgé de 30 ans environ et de Hortense Sophie JULIEN, ménagère, âgée de 34 ans environ.
Signalement : cheveux châtains - sourcils châtains - yeux gris - front bombé - nez pointu - bouche ordinaire - menton rond - visage rond.
Taille : 1,49 m.
Degré d’instruction générale : 3.

Charles A. GUILLOT est décédé le mardi 15 février 1916 à 16h45, à l’âge de 27 ans, à Harbonnières (80).

Matricule 219 - recrutement de Privas.
Matricule au Corps : 06601.
Ajourné d’office en 1909. Exempté en 1910. Reconnu bon au Service Armé de 1914.
Incorporé au 22ème Régiment d’Infanterie Coloniale, Groupe 10, le 18 février 1915. Soldat de 2ème classe le lendemain.
Campagne contre l’Allemagne du 19 février 1915 au 15 février 1916.

La Bataille de la Somme (1er juillet 1916 – 18 novembre 1916) :

Ce fut l’une des principales confrontations de la Première Guerre mondiale. Les forces britanniques et françaises tentèrent de percer à travers les lignes allemandes fortifiées sur une ligne nord-sud de 45 km proche de la Somme, au nord de la France, dans un triangle entre les villes d’Albert du côté britannique, Péronne et Bapaume. Il s’agit de l’une des batailles les plus meurtrières de l’histoire humaine (hors victimes civiles), avec parmi les belligérants environ 1 060000 de victimes dont environ 442000 morts ou disparus. La première journée de cette bataille, le 1er juillet 1916, détient le triste record de la journée la plus sanglante pour l’armée britannique, avec 57470 victimes dont 19240 morts. La bataille prit fin le 18 novembre 1916.

Fin janvier 1916, les Allemands ont prononcé une attaque dans la direction de Herbécourt – Eclusier ; ils ont pénétré dans nos lignes et notamment dans un petit bois dit "Bois de la Vache" et dans nos ouvrages défensifs environnants. Ce bois, situé au sommet d’un plateau descendant vers le Sud, commande la région.
Du 8 au 12 février 1916, le 22ème RIC participe à différentes attaques et contre-attaques au Bois de la Vache. Le 3ème bataillon attaque de la route d’Herbécourt au canal de la Somme ; le 1er bataillon à sa droite ; le 2ème bataillon occupe les ouvrages de la tête du pont du canal de Cappy. Ces opérations très dures sont couronnées de succès, les Allemands sont rejetés des Bois de la Vache et du Signal, nous faisons des prisonniers, mais l’ensemble des opérations a coûté 11 officiers et 865 hommes hors de combat.
Le 7 février 1916 le régiment relève au Bois de la Vache, les éléments du 274ème et 129ème RI et se prépare au combat pour reprendre aux Allemands certaines positions dont ils se sont emparés au Sud de la Somme.
Le 8 février 1916, l’attaque se déclenche, le 3ème bataillon au Nord est soumis à un bombardement intense par gros calibre et se trouve sous le feu de mitrailleuses qui se révèlent au dernier moment ; il ne peut sortir de sa position de départ. Le 1er bataillon, plus au Sud, attaque brillamment à l’heure dite (16h30) et d’un seul élan s’empare de la partie Sud de la tranchée Serbie, puis occupe le bois du Signal. Pendant ce temps, les Allemands cherchent à contre-attaquer mais ils sont repoussés.
Le 9 février 1916 à 5h, le bataillon Mangeot d’un seul élan, sous un bombardement terrible s’empare du Bois de la Vache en entier, puis progresse à la grenade vers la tranchée de Serbie. Les Allemands réagissent immédiatement et sont arrêtés à la grenade. En outre nos mitrailleuses prennent sous leur feu un groupe de 80 allemands qui se massaient pour la contre-attaque. Le combat se poursuit acharné pendant toute la journée et la nuit ; le bombardement des tranchées acquises est intense ; celles-ci sont bouleversées.
Le 10 février 1916, l’artillerie allemande exécute sur nos positions des bombardements effrayants et lance sur les boyaux des gaz lacrymogènes. Le sol est nivelé, le Bois de la Vache détruit, la moitié des hommes en ligne est mise hors de combat. Les Allemands contre-attaquent de tous côtés mais sont repoussés. Le bombardement continue à être furieux, les pertes sont très lourdes. Le lieutenant- colonel signale l’état de fatigue extrême des troupes qui mènent depuis 4 jours une lutte ininterrompue.
Dans la nuit du 11 févriers 1916, la relève est faite sous le bombardement. Les 1er et 3ème bataillon obtiennent, par la suite, des citations à l’ordre du 1er Corps d’Armée Colonial. Parmi les pertes de ces combats 3 officiers et 204 sous-officiers et soldats ont trouvé une mort glorieuse.

Le soldat GUILLOT Charles Albert du 22ème RIC, 9ème Cie, a été blessé par un obus qui l’a enseveli. Transporté à l’ambulance Harbonnière, canton de Rosières (Somme), il est décédé le 15 février 1916 des suites de ses blessures de guerre.

Mort pour la France.